La prestation de compensation est une aide financière, versée par le Conseil Général, destinée à financer les besoins liés à la perte d’autonomie des personnes handicapées. Son attribution est personnaliséeLes besoins de compensation doivent être inscrits dans un plan personnalisé défini par l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH, sur la base du projet de vie exprimé par la personneIl est possible de bénéficier de la prestation de compensation du handicap (PCH) à domicile ou en établissement. Elle peut être attribuée aux enfants ou aux adultes.Aides couvertes par la prestation- Aides HumainesCes besoins correspondent à :
• L’accompagnement nécessaire pour l’accomplissement d’actes essentiels de l’existence tels que l’entretien personnel (toilette, habillage, alimentation), les déplacements à l’intérieur du logement.
• La surveillance régulière des personnes s’exposant à un danger du fait de l’altération de leurs fonctions mentales ou physiques, ou de celles qui nécessitent à la fois une aide totale pour la plupart des actes essentiels et une présence due à des soins constants ou quasi-constants.
- Aides TechniquesIl s’agit des instruments, équipements adaptés ou conçus pour compenser les limitations d’activité des personnes handicapées tels que les fauteuils roulants, les lits médicaux, les systèmes personnels d’alarme urgence…
- Aides à l’aménagement du logement et du véhicule, au financement des surcoûts de transportIl s’agit notamment des frais liés à l’accessibilité et à l’adaptation du logement ou encore du véhicule (que la personne handicapée soit conductrice ou passagère). Sont également pris en compte les surcoûts liés à des transports réguliers, fréquents, ou correspondants à un départ annuel des congés.
- Aides spécifiques ou exceptionnellesLes aides spécifiques correspondent à des dépenses permanentes et prévisibles (ex : protections pour incontinence) tandis que les aides exceptionnelles visent des dépenses ponctuelles (ex : formation des aidants familiaux à certains gestes liés aux soins, coût de la réparation d’un lit médical, coût du licenciement d’une aide à domicile…).
- Aides animalièresIl s’agit des dépenses liées à l’acquisition ou à l’entretien des chiens guide d’aveugle ou d’assistance.
Les ConditionsPlusieurs conditions générales, liées à la résidence, à l’âge et au handicap du demandeur doivent être remplies.
- Condition liée à la résidenceLe demandeur doit résider de façon stable et régulière en France, c’est-à-dire, en principe, de manière permanente. Cependant, divers aménagements sont prévus, notamment au profit des personnes séjournant de manière provisoire moins de 3 mois hors du territoire français.
- Condition liée à l’âgeLe bénéfice de la prestation de compensation (pour les premières demandes) est en principe réservé aux personnes handicapées âgées de moins de 60 ans (sauf exceptions) et ce y compris aux enfants de moins de 20 ans, à compter d’avril 2008.
Les enfants de moins de 20 ans peuvent y prétendre, dès lors qu’ils en remplissent ces conditions d’accès.
Ainsi les bénéficiaires de l’AEEH de base peuvent la cumuler :
- Soit avec la prestation de compensation, pour l’ensemble de ses aides, dès lors qu’ils remplissent les critères d’ouverture du droit au complément de l’AEEH et les conditions d’éligibilité à la prestation de compensation. Si les parents choisissent la prestation de compensation, ils ne peuvent alors bénéficier du complément d’AEEH car ces deux prestations en sont pas cumulables en principe.
- Soit avec les seules aides liées à l’aménagement du logement, du véhicule et des surcoûts de transport de la prestation de compensation (ce cumul est possible depuis 2006). Dans ce seul cas, cette prestation peut se cumuler avec le complément d’AEEH, seulement, les charges prises en compte dans le cadre de la prestation de compensation ne sont évidemment pas retenues pour l’attribution du complément d’AEEH.
Peuvent également y prétendre les personnes de plus de 60 ans dans deux situations :
- Lorsque le handicap répondait, avant cet âge, aux critères d’attribution de la prestation, dès lors qu’elles la sollicitent avant l’âge de 75 ans.
- Lorsqu’elles exercent une activité professionnelle au-delà de 60 ans, et que leur handicap répondait, avant cet âge, aux critères d’attribution de la prestation.
En outre, les titulaires de l’allocation compensatrice souhaitant en bénéficier peuvent la demander quel que soit leur âge.
- Condition liée au handicapL’accès à cette prestation n’est pas conditionné par la nécessité de justifier d’un taux d’incapacité au moins égal à un certain pourcentage. Pour autant, le handicap du demandeur doit répondre à certains critères.
De manière générale, y a droit la personne qui présente :
- Une difficulté absolue (la personne ne peut pas du tout réaliser l’activité) pour la réalisation d’une seule activité.
- Une difficulté grave (la personne ne peut réaliser l’activité que difficilement et de façon anormale) pour la réalisation d’au moins deux activités définies dans un référentiel d’évaluation.
Ces activités sont regroupées dans quatre domaines :
- Les tâches et exigences générales, relations avec autrui : c’est-à-dire s’orienter dans l’espace et le temps, gérer sa sécurité, maîtriser son comportement dans ses relations avec autrui,
- La mobilité : faire ses transferts, se déplacer dans le logement ou à l’extérieur…
- L’entretien personnel : se laver, s’habiller, prendre ses repas…
- La communication : parler, entendre et comprendre, voir, utiliser des appareils et techniques de communication….).
- Conditions spécifiques d’accès pour les aides humainesPour pouvoir bénéficier de l’aide humaine, des conditions spécifiques sont prévues :
- Il faut avoir une difficulté absolue pour la réalisation d’un des actes ou la réalisation de deux des actes essentiels liés à l’entretien personnel (toilette, habillage, alimentation, élimination) ou aux déplacements dans le logement.
- Ou à défaut, que le temps d’aide nécessaire apporté par un aidant familial pour des actes relatifs à l’entretien personnel ou aux déplacements dans le logement ou au titre d’un besoin de surveillance atteigne 45 minutes par jour.
L’attribution de la PCHCette prestation est accordée par la CDAPH.
Cette commission décide de son attribution sur la base d’une évaluation personnalisée des besoins de la personne handicapée et d’un plan personnalisé de compensation élaboré par une équipe pluridisciplinaire dépendant de la MDPH.
Cette équipe doit tenir compte du « projet de vie » de la personne handicapée, c’est-à-dire de ses souhaits et projets, pour évaluer et élaborer le plan de compensation de ses besoins. L’évaluation s’accompagne d’une audition de la personne handicapée (ou de son représentant), à la demande de celle-ci ou à l’initiative de l’équipe pluridisciplinaire.
Le MontantLa prestation est accordée sur la base de tarifs et de montants fixés par nature de dépense. Pour ce qui concerne les aides humaines, les tarifs varie en fonction du statut des aidants.
A titre d’exemple, il existe deux tarifs différents pour le dédommagement des aidants familiaux : un tarif de base, et un tarif majoré pour les aidants ayant cessé ou renoncé totalement ou partiellement à leur activité professionnelle, du seul fait de l’aide apportée à la personne handicapée. Le dédommagement d’un aidant familial est au maximum de 85 % du SMIC Mensuel net applicable aux emplois familiaux.
La prestation est accordée dans la limite d’un taux de prise en charge qui varie selon les ressources du bénéficiaire. Ce taux est de 100 % si les ressources retenues pour sa détermination sont inférieures ou égales à deux fois le montant annuel de la majoration pour tierce personne et de 80 % si ces ressources sont supérieures à ce montant.
Les DémarchesLa personne handicapée (ou son représentant légal) doit déposer sa demande auprès de la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) de son lieu de résidence.